Ma dose de science #4

Au programme du concentré de science véridique et décalé : portrait-robot préhistorique, stéthoscope, zythologie, religion, et trous noirs.

Brana 1. Crédit : CSIC

Brana 1. Crédit : CSIC

Ecce Homo – La peau foncée, les cheveux bruns et… les yeux bleus. Laissez-moi vous présenter Brana-1. Mort à 35 ans, il vivait il y a quelque 7000 ans dans le nord-ouest de l’Espagne. Prouesse technique : l’équipe internationale qui était à son chevet a réussi à dresser ce portrait-tout-sauf-robot juste à partir d’une dent et de l’ADN qu’elle contenait. De quoi faire mordre la poussière à l’hypothèse à laquelle se tenaient les anthropologues qui supposait que le teint des hommes de cette époque était plus clair.

Pour plus d’information, un article en français et la publication originale dans la revue Nature.

Médecine – Le stéthoscope pourrait devenir obsolète. C’est l’avis de Jagat Narula et Bret Nelson, de la Mount Sinai school of medicine de New York. Des dispositifs à ultrasons pas plus gros qu’un portefeuille sont désormais plus précis selon eux pour interpréter les murmures de nos entrailles. Reste que leur prix, quelques milliers d’euros, est bien supérieur à la Rolls Royce des stéthoscopes. Et que dire de la valeur symbolique de cet outil introduit en 1816 par le docteur René Laennec qui distingue à coup sûr celui qui le porte ? Le stéthoscope n’est peut-être pas encore à bout de souffle.

Zythologie artificielle – Des scientifiques de l’université autonome de Barcelone viennent de mettre au point un robot capable de différencier plusieurs variétés de bières. Il est doté d’une langue électronique incrustée de 21 électrodes sensibles à différents ions. Les signaux de tous ces détecteurs sont ensuite analysés et, après apprentissage, le robot discriminait six grandes catégories de bières avec une fiabilité de près de 82 %. A terme, de vrais robots goûteurs pourraient voir le jour. Parmi les questions qui restent en suspens : seront-ils ensuite capables de prendre le volant ?

 Un article à lire dans Food Chemistry, ou ici en français. (Et cliquez là si vous ne connaissez pas le mot zythologie).

Religion – Le cerveau des croyants fonctionne-t-il de la même façon que celui des athées ? Des scientifiques de l’Université d’Auburn en Alabama et du National Institutes of Healthse se sont penchés sur la question. En guise de confessionnal,  des outils d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ont sondé l’esprit de volontaires soumis à des questions sur leurs croyances religieuses. Révélation : les circuits empruntés par l’information dans le cerveau semblent différés entre athées et croyants. Les chercheurs suspectent que le sentiment religieux puisse être une évolution apparue grâce au développement de la « théorie de l’esprit », cette capacité que les êtres humains ont d’essayer de deviner les intentions et les émotions d’autrui. Sommes-nous alors biologiquement déterminés à croire ? Non, car les connexions neuronales dépendent autant de l’environnement, de l’éducation, du contexte social… Au final, les voies du cerveau restent encore presque aussi impénétrables que celles de Dieu.

Pour en savoir plus : l’article scientifique, un post de blog en anglais, et un autre en français.

Trous noirs – Lui n’y croit plus. Stephen Hawking jette un pavé dans la théorie des trous noirs qu’il a contribué à développer. Les trous noirs sont  tellement denses qu’ils creusent dans la toile de l’espace-temps des puits si profonds que même la lumière n’en réchappe pas si elle s’approche trop près du mastodonte et franchit la ligne de non-retour que les physiciens appellent « l’horizon des événements ». Problème : Hawking & Cie buttent sur des paradoxes où physique quantique, relativité générale, intrication, entropie se mêlent et s’entredéchirent. Dans un court article sans équation publié sur Arxiv, le cosmologiste de Cambridge propose de brouiller les lignes : soumis à des fluctuations chaotiques, l’horizon des événements ne serait en fait qu’apparent. Cela ferait disparaitre les paradoxes. Mais pas les trous noirs. Vous avez dit troublant ?

Pour en savoir plus : l’article de Stephen Hawking, ce post de blog du Dr Eric Simon, qui explique bien les paradoxes et cet article (en anglais), ou d’autres spécialistes des trous noirs se montrent sceptiques face à cette annonce.

Enfin, merci à l’équipe de #LaTac sur France Inter pour m’avoir fait découvrir des vulgarisateurs hors-pairs des trous noirs : les Deschiens.

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